Mise en relation · Reconstruction
Freelances.tn — le site qui relie entreprises et indépendants
Une entreprise cherche un indépendant pour une mission ; l’indépendant cherche des missions. Le site les met en relation. Il tournait au départ sur un outil de blog détourné de son usage, qui ne tenait plus la charge. Je l’ai reconstruit entièrement : la recherche, la mise en relation, la gestion.
Entièrement reconstruit : l’ancien site ne suivait plus.
En lignefreelances.tn
La situation de départ
Un site de mise en relation fait se rencontrer deux populations qui ne se connaissent pas. D’un côté des entreprises qui ont une mission à confier et personne pour la faire ; de l’autre des travailleurs indépendants qui cherchent du travail. Tout l’intérêt du service tient à la qualité de cette rencontre : trouver la bonne personne, comparer, échanger, se mettre d’accord. Si la rencontre est mauvaise, les deux camps repartent et ne reviennent pas.
Le site a démarré sur un outil fait pour tenir un blog, détourné de son usage. C’est un choix qui se défend au premier jour : on publie vite, à peu de frais, et on vérifie que le service intéresse quelqu’un. Il cesse de se défendre le jour où chaque nouveauté demande de contourner l’outil au lieu de s’en servir. C’est le signal habituel : quand le travail consiste à lutter contre son outil, l’outil a cessé d’être le bon.
Ce qui a été construit
Tout a été repris. Les profils, les missions, les échanges, les règles du service : un seul endroit en détient la version qui fait foi, et c’est lui qui répond à tout le reste, le site d’aujourd’hui comme ce qui viendra ensuite, une application pour téléphone par exemple.
Les pages publiques sont fabriquées de façon à ce que les moteurs de recherche les lisent et les classent ; une fois l’utilisateur connecté, la navigation devient rapide, sans rechargement. Un site de mise en relation doit se faire trouver de l’extérieur et se consulter comme un outil de travail de l’intérieur. Ce sont deux exigences opposées, et il fallait tenir les deux.
La recherche a demandé un moteur écrit pour cet usage. C’est le cœur du service : il tolère les fautes de frappe, filtre par compétence et par disponibilité, et répond assez vite pour qu’on affine sa recherche au lieu de renoncer. Chercher simplement des mots dans une base de données ne fait pas ce travail.
Les fichiers que déposent les indépendants — travaux passés, documents, pièces jointes — sont rangés sur un espace de stockage qui reste le mien, sans dépendre d’un seul fournisseur. Enfin, des écrans de gestion me montrent ce qui se passe réellement sur le site : les comptes, les signalements, ce qu’il faut surveiller.
Ce que ça a demandé
Le piège d’une reconstruction est de vouloir refaire l’existant à l’identique, défauts compris. L’exercice consiste plutôt à établir ce qui doit absolument être conservé — les comptes, l’histoire des échanges, les adresses de pages qui circulent — et ce qui n’a jamais mérité d’exister.
Le reste est une question de découpage. Séparer le cœur du service de la partie visible coûte plus cher le premier jour et moins cher ensuite : c’est ce qui permet d’ajouter une application ou un partenaire des années plus tard sans rouvrir les fondations.
Ce qu’il y a à en retenir
Freelances.tn n’est pas un travail livré puis quitté : je le fais tourner. Les serveurs, la facture d’hébergement, les utilisateurs qui écrivent quand quelque chose ne va pas. Une décision technique prise trop vite ne se paie pas le jour de la livraison, elle se paie six mois plus tard.
C’est ce qui rend un avis technique vérifiable. Quand je dis qu’un moteur de recherche écrit sur mesure se justifie, ou qu’une séparation coûteuse au départ finit par se rembourser, ce n’est pas une préférence d’école. C’est ce que j’ai constaté sur un service dont je supporte les conséquences tous les mois.